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Le nouveau-né humain, ce petit être immature

Comparé aux autres mammifères,le petit humain naît encore « inachevé » : il est incapable de se déplacer pour suivre ses parents, sa vue et son ouïe sont peu développés.

Si l’on compare la taille de son cerveau à la naissance avec celle de celui d’un petit singe, la différence est parlante : le singe possède déjà 50% de ses capacités cérébrales, contre 25% pour le petit d’homme ! Pour atteindre une maturité comparable, la gestation humaine devrait durer environ 12 mois de plus, ce qui a été rendu impossible par le resserrement du bassin de la femme lors de l’évolution vers la station debout.
La première année de bébé peut donc être considérée comme une gestation « ex-utero », pendant laquelle le bébé parfait son développement digestif, nerveux, immunitaire, moteur…etc.
Complètement dépendant de l’adulte pour sa survie, il va donc avoir un besoin constant de proximité et de contact avec son parent.

Les compétences d’agrippement du bébé

Chez les mammifères, on peut classer les petits en trois grandes catégories selon leur espèce :

  • les espèces nidifuges : il s’agit de petits déjà matures, aptes à suivre leur mère dès la naissance, et qui crient dès qu’ils se sentent abandonnés : ils suivent leur mère toute la journée et tètent fréquemment. Ex : les chevaux, les éléphants
  • les espèces nidicoles : ces petits peuvent rester calmes pendant des heures dans leur nid, en attendant d’être nourris au retour de leurs parents : ex : les chatons.

Le petit humain appartient à une troisième catégorie :

  • Les petits portés : comme les nidifuges, ces petits réclament la présence et les soins de leurs parents, et crient en situation d’abandon. Les tétées sont fréquentes et le lait de la maman est moins riche en calories. Malheureusement ces bébés ne naissent pas avec une maturité corporelle suffisante pour suivre leur maman dans ses déplacements : certains, comme les kangourous, vont continuer de grandir au chaud dans une poche, et les autres, comme les singes et les humains vont s’agripper à leur maman. Ils ont recours pour cela à des réflexes archaïques, comme le « grasping », ce réflexe d’agrippement qui fait serrer très fortement les doigts de bébé dès qu’il tient quelque chose (le doigt de maman…). Ils adoptent aussi naturellement une position regroupée, accroupie, les genoux bien remontés, qui leur permet de se « mouler » contre le corps de leur porteur, et de s’adapter avec souplesse aux mouvements de celui-ci.

CC Shawn AllenLa maman humaine n’étant pas pourvue des poils de son homologue chimpanzée, elle va avoir besoin de soutenir son bébé avec ses bras. En effet, poser un bébé au sol, ou s’en éloigner quelques instants, c’est le livrer à la merci des prédateurs (serpents et autres fauves…) ! Et le bébé le sait instinctivement : c’est pour retrouver la sécurité que celui-ci crie quand sa mère s’éloigne : sa survie est en jeu !
Bien sûr, la maman occidentale du 21e siècle vit dans un contexte et un confort qui n’a rien à voir avec la jungle, mais le bébé qui naît n’en a aucune idée : il va avoir les mêmes besoins et les mêmes peurs qu’un bébé qui naît au cœur d’une forêt amazonienne : il voit le jour avec les réflexes et comportements innés propres à son espèce.

Porter bébé lui procure un véritable sentiment de sécurité : il ne s’agit pas de céder à un quelconque « caprice », mais bien de répondre à un besoin réel et vital du nouveau-né.

Qu’est-ce que le portage physiologique ?

On parle de portage physiologique quand le portage respecte la position regroupée et accroupie naturelle du bébé. On va reconnaître un portage physiologique à ces deux caractéristiques principales :

  • Le dos de bébé est arrondi : sa colonne vertébrale encore fragile est ainsi protégée de manière optimale. Un moyen de portage correctement ajusté dans le dos de bébé va éviter un tassement de la colonne et amortir les chocs ressentis lors du portage (dus aux mouvements et aux pas du porteur).
  • Bébé est accroupi, son bassin est basculé vers l’avant et ses genoux sont remontés à la hauteur de son nombril. Cette position favorise la bonne maturation de l’articulation de la hanche du bébé. Bébé ainsi accroupi va être assis comme dans un petit hamac, bien soutenu par sa base, rassuré et protégé.
Exemple de portage physiologique en écharpe tissée : Exemple de portage non physiologique :
Le dos de bébé est droit, ses jambes pendent, il est suspendu dans le porte-bébé. Son confort et celui de son porteur s’en ressentent.